Objectifs

Apprendre est une aptitude innée, mieux apprendre est une capacité qui s'acquiert

Notre mission d'enseignant est avant tout d'aider les étudiants à apprendre. Certains d'entre eux ont une stratégie pour apprendre, beaucoup n'en ont pas. On pourra regretter que nombre de ces élèves qui entrent dans l'enseignement supérieur arrivent si mal préparés à la nécessité permanente d'apprendre. Les solutions à inventer pour relever les défis environnementaux, sociétaux, techniques et humains nécessitent des citoyens qui ont appris à apprendre.

Je ne suis pas neuroscientifique mais j'enseigne depuis 30 ans et pendant les 15 premières années j'ai crû qu'il suffisait que j'explique ce que je savais pour que les étudiants puissent apprendre. Le profil des étudiants change, ils consacrent du temps à leurs apprentissages mais disposent de moins en moins d'une stratégie pour apprendre. Cela conduit à des situations d'échec trop nombreuses mêlées à un sentiment d'impuissance et de découragement face à aux échecs répétés ou aux résultats justes moyens. A la question "comment faire pour progresser dans mon apprentissage ? " les enseignants sont parfois démunis. Ils suggèrent un travail régulier, consistant, insistent sur le fait de refaire les exercices et de demander de l'aide. Le conseil est juste mais comment le mettre en pratique concrètement par rapport à ce que l'étudiant fait déjà ? Le travail est une valeur sûre qui s'étend au-delà des notes mais si les résultats ne suivent pas l'engagement consenti, que faire ?Pour progresser dans son apprentissage un apprenant a besoin d'investir du temps, de maîtriser des prérequis et d'avoir une stratégie d'apprentissage qui s'inscrit dans ce temps. Une stratégie d'apprentissage ce sont des outils pragmatiques, validés par des données probantes, qui sont valables quel que soit le domaine concerné et qui peuvent être mis en place dès demain.

J'ai cherché des outils d'apprentissage qui soient basés sur des données probantes (evidence based learning) et je me suis appuyé sur des recherches publiées essentiellement aux États Unis, j'ai trouvé peu d'ouvrages synthétiques permettant un accès à des publications francophones, la bibliographie en référence quelques-uns. La traduction des mots clés est donc perfectible. Ces recherches sont essentiellement le fruit des travaux de la psychologie cognitive et des neurosciences et sont conduites en laboratoire ou en situation d'enseignement réel lorsqu'il s'agit d'enseignement. Ce sont des recherches empiriques s'appuyant sur les protocoles scientifiques correspondants. J'ai cherché à comprendre les principaux messages de ces recherches en veillant aux modalités d'applications dans l'enseignement supérieur en général et à l'enim en particulier. Il me semble que ces outils sont applicables quel que soit le niveau d'études. J'ai préféré les données aux opinions, les faits aux intuitions, les raisonnements aux incantations. Ce qui reste un mystère pour moi c'est que ces outils simples, connus depuis plusieurs dizaines d'années sont rarement mis en pratique de façon consciente. La connaissance acquise dans le monde de la recherche cognitive n'a que très peu imprégné le monde de l'enseignement. Mieux apprendre est une compétence qui s'acquiert et des outils pragmatiques, basés sur des données probantes, existent.

Pour les étudiants, l'objectif de ce module est de mettre à disposition de ceux qui travaillent mais dont les résultats ne sont pas encore au rendez-vous, les moyens de mettre en place une stratégie d'apprentissage qui leur correspond. Ceux qui disposent déjà d'une stratégie pourront y retrouver certains des outils qu'ils utilisent et comprendre leur pertinence. C'est aussi l'occasion de tester un nouvel outil et de mesurer son intérêt. Ces outils simples et pragmatiques sont utilisables au quotidien et s'adaptent aux contraintes de la vie étudiante.

Il n'y a pas de magie mais des outils validés par des centaines d'études convergentes. Si vous décidez de tester l'un de ces outils, accordez du temps avant d'espérer voir les premiers fruits, typiquement trois semaines. Il faut du temps pour apprendre à pratiquer un nouveau sport, c'est la même chose pour maîtriser un nouveau concept, acquérir des connaissances nouvelles ou voir les résultats de l'utilisation d'un nouvel outil dans votre stratégie de travail. Être étudiant est un métier, apprendre est une aptitude innée, mieux apprendre est une capacité qui s'acquiert.

Pour les enseignants ces outils ne sont pas tous nouveaux, nous les utilisons parfois depuis longtemps. Il est bon de savoir pourquoi ils sont efficaces afin de pouvoir l'expliquer aux étudiants et leur prescrire leur utilisation. Certains outils seront peut-être nouveaux, formons nous pour découvrir ou redécouvrir les principes neuroéducatifs qui les sous-tendent. Il importe de mettre en œuvre au fil de nos enseignements ces outils. Discutons entre collègues pour partager les pratiques qui favorisent un apprentissage actif, pour voir comment nos évaluations donnent du sens au travail à fournir, comment nos méthodes pédagogiques sont en cohérence avec ces évaluations, comment les objectifs que nous fixons à nos enseignements sont eux-mêmes cohérents avec ces méthodes et ces évaluations.

Dans un monde ou l'information est sur-abondante ce qui devient rare c'est l'attention que l'on exige pour tout apprentissage. La capacité d'attention des étudiants qui entrent dans l'enseignement supérieur doit être protégée, entretenue, développée. C'est l'objet de l'un des outils proposé.

Pour en savoir plus sur les origines du TLC, consultez le paragraphe "Le TLC en deux mots"

Thierry Nowak

Publication initiale le 13/12/2019, dernière mise à jour le 11/05/2022

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  • Titre de la vidéo : Répétition espacée, un outil simple et contre-intuitif

  • Fichier vidéo associé : vidéo5_Des outils pour apprendre Répétition espacée 6'46

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  • Répétition espacée, un outil simple et contre-intuitif [cf. vidéo5_Des outils pour apprendre Répétition espacée 6'46]